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Présentation des savoirs

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Naguère, les manuels scolaires, pour aider les élèves à se représenter le mouvement de la terre autour du soleil, la succession des saisons, du jour et de la nuit, les éclipses de la lune… suggéraient des expérimentations (avec la lampe et le globe) et des schémas. Le risque d'abstraction est redoublé ici par la nécessité devant laquelle Peter Sís est placé de rendre compte de l'état ancien des connaissances et de l'état nouveau. De Copernic, le Polonais (1473 - 1543) à Galilée, l'Italien (1564 - 1642), en passant par Tycho Brahé, le Danois enterré à Prague (1546 - 1601) et son disciple Johannes Kepler, l'Allemand (1571 - 1630), la chaîne des travaux et des découvertes est longue et les résistances fortes. Si l'on a pu parler de " révolution copernicienne ", c'est bien parce qu'en renversant les idées reçues sur la place de l'homme dans l'univers, elle touchait à des domaines autrement plus importants pour l'époque que l'astronomie, à savoir la philosophie et la théologie. Elle introduisait le doute à l'intérieur des certitudes.

Il suffit de comparer Le Messager des étoiles et un ouvrage documentaire comme celui publié par Gallimard, L'astronomie (de Kristen Lippincott), dans la collection " Les yeux de la découverte " (2001), pour s'apercevoir que les démarches, dans les deux ouvrages, sont différentes : le second se présente comme la somme des connaissances actuellement accessibles à de jeunes enfants, le premier veut rendre compte, à travers le destin d'un individu remarquable, des images mentales d'une époque, faire voir et comprendre le basculement des représentations du monde.
Pour donner corps et chair à son exposé, Peter Sís a choisi (comme pour Christophe Colomb) le prisme de la biographie. Son héros est aussi un explorateur, un découvreur de mondes. L'histoire des connaissances se lit à hauteur d'homme.

C'est le texte écrit qui dit les informations nécessaires, dans son double dispositif :
  • l'écriture manuscrite, qui se permet toutes les fantaisies,
  • et l'écriture typographique, plus sagement ordonnée.
L'une et l'autre dialoguent, alternent ou redoublent au besoin les informations, la seconde se présentant comme le discours d'aujourd'hui, le résumé de ce qu'un jeune lecteur doit savoir après coup sur les découvertes de l'Italien, la première reprenant des extraits de ses ½uvres, faisant entendre en quelque sorte le discours de l'époque, les paroles rapportées, la voix de l'astronome, celles aussi de ses contemporains (Shakespeare) ou de ses adversaires (le tribunal de l'Inquisition).
Il faudra donc au jeune lecteur maîtriser le dispositif complexe qui accompagne l'illustration, en repérer les redoublements à l'intérieur des images, sous la forme de citations, de légendes ou commentaires, et d'informations ponctuelles.
Il lui faudra ensuite s'interroger sur les significations à donner à certaines des organisations les plus originales, figurant les cheminements d'une ville à l'autre, ou l'observation des astres grâce à la lunette, ou les orbes du système solaire ou l'enfermement dans la prison romaine, ou enfin l'½il obstinément ouvert de celui qui, devenu aveugle, n'en continuait pas moins à interroger le monde autour de lui.
Last modified 2007-01-08 09:03