Skip to content

Site Web de l'ONL

Sections
Personal tools
Search box
 

Apprendre à se documenter

Document Actions
 Comme pour Christophe Colomb, la lecture de l'album pose de redoutables questions :
  • jusqu'où va l'invention de Peter Sís, dans les représentations qu'il donne de la démarche suivie par Galilée ?
  • quelles transformations s'est-il autorisées ? A quel dessein ?
  • quels documents peut-on proposer aux élèves, qui nuancent ou précisent au besoin les affirmations de l'album et surtout permettent d'apprécier la part d'inventivité qui en fait la valeur.
Dans " Mise en ½uvre pédagogique ", nous citons un certain nombre d'ouvrages documentaires qui peuvent constituer un " réseau de lectures " en rapport avec l'album et qui permettent d'éclairer la plupart des objets et des notions sur lesquelles portent les découvertes du savant. Pourtant, l'essentiel est moins dans les connaissances que ces lectures permettent d'affermir que dans la réflexion sur la figure de l'homme de science qui est là présentée.

On peut partir des premières formulations du texte " Pendant des siècles et des siècles, on a cru… on ne se posait pas la question…. on se conformait… " et mettre en relation l'emploi de ce pronom " on " avec, d'une part, la citation du psaume 104 " Dieu a fondé la terre sur ses bases… " et, d'autre part, la phrase qui apparaît au détour de la page " Un homme, pourtant, ayant observé le ciel, se demanda… ". Les termes du débat sont représentés dans ce triangle " on ", " Dieu ", " un homme ". Et toutes les ambiguïtés de l'énonciation, nous les retrouverons plus loin : " on le célébrait jusqu'à l'extravagance… ", " on ordonna à Galilée de cesser de se fier à ce qu'il pouvait voir de ses deux yeux.. ", " l'on put voir que ses yeux avaient perdu toutes leurs étoiles… ", mais aussi " j'affirme que le soleil est immobile ". Le travail consiste donc d'abord à démêler qui parle, à discerner les termes et les acteurs des controverses, à montrer les liens qui existent alors entre la science et les pouvoirs (temporels et religieux).

Cette réflexion doit être guidée par un adulte averti. C'est lui qui fera apparaître également que la recherche et la réflexion scientifiques sont inscrites dans un temps et un espace, qu'elles sont en relation avec des étapes, des échanges (figurés naïvement sur la carte de l'Europe), avec des avancées, avec des contraintes. Peter Sís gomme le fait que Galilée est l'héritier des astronomes qui, depuis Copernic, ont fait progresser la réflexion. Mais c'est l'occasion de faire observer que les avancées de la science dépendent aussi des découvertes techniques, des améliorations empiriques qu'on peut leur apporter, et qu'aujourd'hui nous avons affaire à des équipes de scientifiques plutôt qu'à des individus isolés.

La lecture de l'album conduit à la conclusion qu'un bon scientifique est d'abord un bon philosophe : les élèves ont sûrement entendu parler de manipulations génétiques, de clonage. Ils pourront par ce biais approcher l'idée que la science, c'est aussi une morale, que la dimension éthique des recherches et des découvertes ne peut être oubliée. Ils pourront noter sur leur cahier la belle formule " Dans les sciences, l'autorité de milliers d'opinions n'a pas plus de valeur qu'une petite étincelle de raison dans un seul homme " et les autres aphorismes inscrits dans la figure de l'½il galiléen.
Last modified 2007-01-08 11:03