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MARI Iela

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Biographie

Artiste italienne née en 1932, Iela Mari fit ses études à Milan à l'Académie des Beaux-Arts de Brera, où elle rencontra son futur époux, Enzo Mari. À la fin des années soixante,  elle réalisa, d’abord seule, puis avec Enzo, des albums pour enfants d'une grande innovation graphique aux formes épurées et stylisées, traitées en aplats de couleurs, avec une grande économie de moyens. Puis, tandis que son mari, designer reconnu, se consacrait à la création de jeux, de jouets, d'objets et de meubles (1) , Iela Mari, devenue elle-même professeur à l'École de Design de Milan, continua cette exploration graphique. Ses albums, pratiquement sans texte, évoquent tous des cycles : cycle des saisons, cycle végétal et animal (L'arbre, le loir et les oiseaux, La pomme et le papillon, Mange que je te mange), ou cycle de métamorphoses poétiques (L’oursin, Les aventures d'une petite bulle rouge).

(1) Le catalogue de l'exposition de la Librairie Les Trois Ourses, "Lire et jouer avec Enzo Mari" (Editions Les Trois Ourses – 2000, 15 x 15 cm - Prix : 31 €) met en relief cet aspect de leur travail en direction des enfants. C'est actuellement le seul document disponible en français.

Bibliographie : Iela Mari

  • Les aventures d’une petite bulle rouge, L’école des loisirs 1968

Une bulle de chewing-gum sortie des lèvres d'un enfant se métamorphose successivement en ballon, en pomme, en papillon, en fleur, puis en parapluie dans la main du garçon qui l'avait d'abord soufflée (S. C.) L’économie des moyens - aplat rouge et trait à l’encre de chine noire sur fond bis – et la rigueur scientifique sont remarquables.

  • L’arbre le loir et les oiseaux, L’école des loisirs 1968

En hiver sous la neige, dans un terrier au pied d’un chêne, un loir est endormi. Dans l’arbre, un nid semble abandonné. Mais petit à petit, au fil des pages, des graines vont germer, fructifier et les plantes dépérir, le loir se réveiller, l’arbre reverdir, un couple d’oiseaux  s’installer, des ½ufs éclore, le loir se nourrir, les petits quitter le nid, l’automne arriver et le loir se rendormir, son terrier rempli de glands…. jusqu’à la saison nouvelle.

  • Mange que je te mange, L’école des loisirs 1983 (épuisé : Cf. bibliothèques)

Ronde des prédateurs : la panthère noire poursuit la hyène qui chasse le lynx, qui court après le serpentaire… vipère, grenouille, moustique, homme…pour en revenir à la panthère, chacun à son tour étant chasseur et proie.

  • L’oursin, L’école des loisirs 1983 (épuisé : Cf. bibliothèques)

Cycle des métamorphoses, le seul album qui, dans la version française comporte une ligne de texte à chaque page : de l’oursin à l’oursin qui en passant devient par analogie de forme porc-épic ou tête d’enfant, ronde ou couronne…et enfin dahlia ou oursin.

 

Iela Mari & Enzo Mari

  • L’½uf et la poule, L’école des loisirs 1970

Qui de l’½uf ou de la poule fut premier ? Allusion à la fécondation sur la page de titre avec la présence la tête du coq et celle de la poule, nid, ponte de l’½uf, gestation, éclosion, le poussin devient poulette…. et la boucle est bouclée quand de retour à la page de titre, elle croise le coq !

  • La pomme et le papillon, L’école des loisirs 1970

Cycles parallèles de la reproduction animale - l’½uf, la chenille, la chrysalide, le papillon – et végétale –de la fleur de pommier à la pomme – au fil des saisons sur une année. La branche de pommier et la pomme figuraient déjà dans Les aventures d'une petite bulle rouge

 

À propos de Iela Mari…

L’AUTRE RÉVOLUTION DE 1968 (Sophie Chérer, Extrait de L’Album des Albums, L’école des loisirs, 1997.)

 « Il y a eu une révolution en France en 1968. Ce fut la parution du livre « Les aventures d'une petite bulle rouge ». Rien de maoïste, ni d'ailleurs de papal dans ce programme peu commun. Rien qu'un album pour enfants. Pas d'histoire gnangnan. Pas de phrases bébé. Pas de couleurs cucul la praline. Pas de témoignage. Pas de leçon. Des pages zen, fond blanc, trait noir, tache rouge. Une bulle de chewing-gum sortie des lèvres d'un enfant se métamorphose successivement en ballon, en pomme, en papillon, en fleur, puis en parapluie dans la main du garçon qui l'avait d'abord soufflée. L'idée simple et géniale que l'esprit des petits enfants fonctionne par association de formes. « Je voulais attirer l'attention sur les formes, par rapport au bombardement d'images que la télé produit » déclare l'auteur Iela Mari alors âgée de 36 ans. En 1968 ! Que dirait-elle aujourd'hui face au déferlement non seulement d'images laides mais de propos creux ? Elle se tairait sans doute, comme se taisent ses livres. Pas un mot, dans aucun, mais que de suggestions quant à la course des saisons, au cycle de la vie, à la ronde féconde de l'imagination enfantine, aux éternels recommencements des histoires avec un petit h... Un chêne plantureux planté dans un pré se dénude, se couvre de feuilles, s'anime et change de couleur au fil des saisons, tandis que les oiseaux peuplent et quittent ses branches, et qu'un loir recycle ses feuilles et ses glands ( « L'arbre, le loir et les oiseaux » ) Une poule - gros plan sur le ventre et les pattes - prépare un nid, pond et couve un oeuf duquel sort un poussin qui picore, se blottit, grandit et devient une poule, etc...( « L'½uf et la poule ») De telles évidences, stylisées mais pleines de chair et de sève, brutes mais riches d'éloquence et de poésie, ne pouvaient se déployer que dans l'imagination d'une farouche autodidacte, passionnée par la recherche sur les communications visuelles, appliquée à «penser» ses livres avant de les réaliser, devenue depuis professeur à l'Ecole de Design de Milan ! Au terme de stylisation, Iela Mari préfère d'ailleurs celui de synthèse : «Je pense que pour l'enfant qui cherche à comprendre, la nature est trop complexe. J'essaie de lui rendre les choses claires en créant des images synthétiques, en rendant le réel plus vrai que le réel. Et pour ce faire il faut partir d'une analyse pour arriver à une synthèse, et non l'inverse. Il faut d'abord dessiner tous les détails d'une feuille, par exemple, et puis gommer, gommer...» De tels hommages à la nature, crue, robuste, sans états d'âme ni sensiblerie, ne pouvaient naître que dans le c½ur d'une citadine : «Pendant la guerre, à Milan, nous avions faim, dit Iela Mari. J'ai élevé des poules, je sais comment naissent les poussins ! J'aime aussi regarder comment poussent mes plantes vertes. Ce n'est pas le paysage qui m'intéresse. Ce que j'aime, c'est m'allonger par terre dans les bois, sentir grimper une fourmi, me sentir pousser des racines.» Cette paix, ces chatouilles, cette solidité que l'on ressent précisément quand on tourne les pages de ses livres. »

Reproduction avec l’autorisation de l’école des loisirs

 

 

 


Last modified 2006-09-08 15:54